YOGA TEACHER-TRAINING COURSE SIVANANDA

 

Je viens aujourd’hui vous parler de ce que j’ai vécu pendant ces nombreuses heures d’enseignement.

Dans cet article, je vous explique le type de formation que j’ai fait et ce à quoi il faut s’attendre. Mais je vous raconte surtout ce qu’elle m’a apporté et comment elle a changé ma vie. 

 

Pour ce qui est de la partie technique :


Je me suis formée à l’Ashram Sivananda de Neuville au Bois. Cette formation dure 4 semaines, et permet l’obtention d’un diplôme international certifié, de 300 heures en Hatha Yoga.

Une journée type se présente de la manière suivante : 

5h30 : Réveil

6h : Méditation, Chant de Mantras, Conférence (Satsang) ou Promenade Silencieuse

8h : Asanas et Pranayama

10h : Brunch

11h : Karma Yoga

12h : Bhagavad Gita ou Cours de Chant

14h : Conférence principale

16h : Asanas et Pranayama

18h : Dîner

20h : Méditation, Chant de Mantras et Conférence (Satsang)

22h : Coucher

 

Nous avons 1 jour de repos par semaine. Le rythme est intense, c’est le principe même du système de gurukula, qui permet de vivre un enseignement théorique au travers d’une pratique quotidienne.

Nous sommes immergés pendant 1 mois dans la pratique et l’étude des quatre voies du yoga :

 

    Karma Yoga : C’est la voie du service désintéressée

    Bhakti Yoga : Yoga de la dévotion

    Jnana Yoga : Yoga de la sagesse

    Raja Yoga : La science du contrôle du corps et de l’esprit.

  

« Un gramme de pratique vaut des tonnes de théories »

Swami Sivananda

  

Commençons par le début :

Quand j’ai voulu me former en yoga, j’étais un petit peu perdue par la multitude de formations qui existait ! Il y en a de tout types, tout genres, et qui forment à différents yogas. Quand Margo, ma professeur de yoga et amie, m’a parlé de la formation de professeur Sivananda, j’ai tout de suite su que c’était celle-là que je voulais faire.
Le côté spirituel et philosophique du yoga est à la base de cette formation, et j’avais un besoin profond de m’immerger à 200% dans cette manière de vivre, pour l’intégrer au mieux à ma pratique.

En arrivant à L’Ashram, j’ai rapidement compris que l’expérience dans laquelle je m’étais embarquée n’était pas une simple formation de professeur de yoga, mais bien une expérience de vie.

 

Mes premiers pas… :

Le premier soir quand je suis arrivée dans la grande salle de méditation pour le Satsang, j’ai un petit peu pris peur… Tout le monde était assis dans le noir en tailleur, et un Swami (moine) tout d’orange vêtu nous dit que nous commençons par 30 minutes de méditation.

Imaginez-vous bien ma tête, moi qui avais dû méditer 5 fois dans ma vie (toujours de manière guidée) et qui là se retrouve plongée dans le silence face à soi-même.
Et bien je peux vous dire que 30 minutes ça peut être très, mais alors très long.

Les chants de mantras dévotionnels qui ont suivi n’ont pas arrangé mon affaire, j’ai eu l’impression d’être à l’église, et la peur d’être embarquée dans un truc religieux m’a simplement donné envie de partir en courant.

Après ce premier Satsang, j’ai eu la chance de me retrouver dans mon petit chalet entourée de mes 4 colocs, et mon dieu heureusement qu’elles étaient là.

Dès nos premiers échanges, le feeling est super bien passé, et on a tout de suite pu débriefer de cette première soirée et se rassurer les unes avec les autres. Ces petits moments entre nous sont devenus ensuite ma source d’énergie pour tout le mois.

Le lendemain on nous a assigné notre Karma yoga. Comme expliqué plus haut c’est le yoga de « l’action », le service désintéressé. Plus simplement, nous participions quelques heures par jour à la vie de l’ashram (cuisine, ménage…) Chacun avait une tâche qui lui était assignée, et ce jusqu’à la fin de la formation.

Je me voyais déjà en train de couper des carottes ou de nettoyer les toilettes, mais non mon Karma à moi a été bien plus inattendu…

J’étais la Cloche, la clochette, le réveil, l’alarme quoi !

Avec ma copine de chambre et donc aussi de cloche, Léa, nous devions réveiller l’ashram le matin, mais aussi prévenir des différentes activités tout au long de la journée. Pour ce faire nous avions chacune une cloche qu’il fallait sonner dans chaque partie de l’ashram en annonçant l’activité qui allait arriver.

Encore une fois lorsque j’ai dû m’entraîner à sonner cette fameuse cloche et à parler haut et fort en plein milieu du jardin pour voir si je saurais accomplir ma mission, l’envie de prendre mes jambes à mon cou était bien présente…

À peine une journée dans cet Ashram et j’avais l’impression d’être poussée dans mes retranchements au maximum.

 

Pour certaines personnes ce karma Yoga aurait été un exercice facile, mais pour moi ça me mettait face à toutes mes peurs. Être remarquée, au centre de l’attention, devoir parler fort. Bref tout ce que je ne suis pas. Mes joues devenaient écarlates dès que je devais sortir ma cloche et ma voix à peine audible.

 

Et puis petit à petit… :

Plus les jours sont passés et plus cet exercice est devenu facile, ou en tout cas moins difficile. Et oui je pense même qu’il m’a beaucoup apporté !

Déjà cela signifiait se réveiller avant tout le monde. Et 30 minutes de sommeil en moins quand on ne dort pas plus de 6h par nuit et bien figurez-vous que ça compte beaucoup.

Mais ces 30 minutes sont devenues des moments privilégiés. La nuit était encore complètement noire et l’ashram endormi quand nous sortions de notre chalet. J’ai eu la chance de profiter de magnifiques ciels étoilés et du silence du lieu. Et quand on vit pendant un mois avec 60 personnes, ces petits moments hors du temps comptent beaucoup.

Il en a été de même pour la méditation. Petit à petit nous avons « appris » à méditer. Enfin appris n’est pas vraiment le bon mot surtout pour parler de méditation. Mais on nous a montré des manières d’aider notre mental à se calmer, et à focaliser notre attention plus que, sur un son, une lumière, une image. 

Alors oui ce serait mentir de dire que j’arrivais à méditer 30 minutes le matin et le soir. J’ai eu parfois énormément de mal à calmer mes pensées, parfois j’avais envie de pleurer ou parfois même je me suis endormie (oui et pas qu’une fois).

Mais peu importe, c’était des moments où je trouvais un certain calme intérieur et/ou je me retrouvais avec moi-même.

Dans cette grande salle remplie de monde, assis les uns à côté des autres, je pouvais me sentir seule. C’était des moments d’intériorité profonde, et j’ai appris à les aimer. J’ai aussi découvert la puissance d’un mantra, ou d’un chant. Et au grand désespoir de mes proches, je pousse la chansonnette en sanskrit très régulièrement maintenant.

Qui dit formation de professeur de yoga dit évidement cours de yoga. Aussi bien pratique que théorique.

Le matin de 8h à 10h nous avions un cours de pratique. Pratiquer peu de temps après le réveil est un réel apprentissage. Notre corps est encore endormi et il faut savoir être doux avec lui. L’école Sivananda, organise une pratique avec des pranayamas, salutations au soleil, 12 postures de bases, et beaucoup de relaxation.

Évidemment parmi ces 12 postures, il y a plein d’alternatives, mais c’était toujours plus ou moins le même enchainement que nous avions.

Une certaine routine qui pouvait parfois être un peu frustrante pour la fan de yoga vinyasa que je suis et qui avait envie de faire son propre flow. Mais cela permet d’aller de plus en plus loin dans chaque posture.

En 1 mois les postures ne sont plus tenues, faites ou même ressenties de la même manière. Et notre corps se transforme de manière assez folle.

Cette pratique matinale permet de se remplir d’énergie pour toute la journée et encore une fois de se retrouver avec soi-même.

J’ai même trouvé cela agréable de pratiquer le ventre complètement vide, bien que ça m’ai value quelques gargouillis et la tête qui tourne pendant les salutations au soleil. Mais cela me permettait de me remplir plus profondément de la pratique. En fait j’ai pris confiance en mon corps, j’ai appris à accepter ma rigidité, et à être fière de moi.

Il était essentiel de travailler sur sa propre pratique, pour ensuite pouvoir au mieux la transmettre.

D’ailleurs le premier cours que j’ai donné quand nous faisions des ateliers en petit groupe a été un gros stress. Le comble de donner un cours de yoga et que la personne la plus stressée de la salle soit la prof. Mais à force d’entrainement, je me sentais de plus en plus à l’aise dans ce rôle, et j’ai pris confiance en moi. La bienveillance de mon groupe y a énormément contribué.

Tous les jours, des conférences nous étaient données.

Les Swamis nous ont enseigné la philosophie du yoga, mais surtout la manière d’aborder sa vie avec cette philosophie. La vie, la mort, la conscience, la réincarnation… mais aussi l’alimentation, notre rapport aux autres, à nous…

Je ne vais pas expliquer ce que j’ai appris, déjà parce que ce serait trop long de synthétiser un mois de cours, mais surtout parce que je ne suis pas encore réellement capable de mettre des mots sur tout cet apprentissage.

Je peux simplement dire que cette formation a été une déconstruction totale.

J’ai déconstruit les schémas de pensées limitants dans lesquels j’étais bloquée, ma manière de concevoir ma vie, ou la vie de manière générale. J’ai déconstruit les codes sociaux dans lesquelles je m’étais déjà enfermée du haut de mes 22 ans.

En fait j’ai l’impression d’avoir désappris pour mieux réapprendre. Pour pouvoir petit à petit construire de nouvelle base plus solide, plus encrée, mais surtout plus vraie. Pouvoir me reconstruire, d’une manière qui a plus de sens, et qui résonne profondément en moi.

Alors oui cette formation m’a appris la philosophie du yoga, mais je crois surtout que j’ai appris à mieux vivre.

Je crois qu’en 30 jours j’ai plus pleuré qu’en 22 ans. C’était une purification et un nettoyage, à tous les niveaux. Évidement la fatigue, physique et mental dû au manque de sommeil au rythme intense des journées, mais aussi à la frustration engendrée par la nourriture ne m’a pas aidé.
Mes émotions ont fait le yoyo et pour être honnête sont encore bien instables même un mois après. Je pense qu’il faut maintenant que je me laisse le temps d’intégrer cette expérience.

Comme je le disais plus haut, heureusement ces variations du moral ont été vécues, à plusieurs. Évidement le même processus avait lieu pour tout le monde, bien que plus ou moins intense en fonction des personnes.
Mais nous pouvions compter les uns sur les autres. On est tous passé par la joie, la tristesse, l’excitation, la peur l’énervement. Bref un paquet d’émotions, vécu en quinconce par 60 personnes, je vous laisse imaginer le tableau.

Et puis vivre avec 60 personnes quotidiennement alors que quelques jours avant tu ne les connaissais pas, ce n’est pas forcément facile. Mais j’ai eu la chance de tomber sur des personnes absolument extraordinaires.

Mes colocs avec qui j’ai partagé ma chambre, mes pleurs, mes rires, mes angoisses, des danses, absolument tout ! La vie nous a fait nous rencontré et ce n’est pas un hasard ça c’est sûr ! Ce sont devenu des personnes absolument essentielles à ma vie maintenant. Et cette complicité et connexion que nous avons créée m’aide tous les jours à avancer.

Mais l’ashram c’est aussi ces personnes, qui croisent notre route pile au bon moment. Qui nous apportent des questions, mais aussi des réponses, et qui nous permettent d’ouvrir les yeux.

Pour certaine personne on peut parler d’évidence, en fait je crois que ce qui doit se faire ce fera toujours d’une façon ou d’une autre et ça a été le cas avec certaine rencontre.

Moi qui suis dans la vie de tous les jours, plutôt timide et renfermée, j’ai su m’ouvrir à des rencontres improbables. J’ai discuté de tout et de rien avec des personnes que je ne connaissais pas 3 jours auparavant. Et toutes ces rencontres m’ont tellement apportée.


J’ai grandi, j’ai changé, j’ai su m’affirmer, me connaître, me découvrir.

Pour la première fois de ma vie, j’ai découvert que je pouvais être seule avec moi-même et me sentir bien.

 

Voilà, ce n’est pas très précis, je n’ai pas décrit mes journées, mais cela me paraît bien trop compliqué. Et je pense que ce n’est pas le but.
Je crois simplement qu’il faut vivre ce TTC pour le comprendre. Mais si vous voulez juste vous former en yoga, je ne pense pas que ce soit le lieu. C’est réellement une formation de vie, et oui il faut s’attendre a que ça brasse pas mal de choses.

Alors évidemment ce n’est que mon expérience et mon avis sur tout cela. D’autre ne vous en direz peut-être pas du tout les mêmes choses.

J’avais juste envie de partager cela à cœur ouvert, avec mes mots. ❁